Les pin-up au cinéma

Sexe et cinéma ont toujours fait bon ménage. C’est d’ailleurs lors de séances obscures que la plupart des cinéphiles découvraient leurs premiers émois pour le sexe opposé. Rien de tel que la nudité, la suggestion d'un décolleté, une tenue provocante, ou encore une jambe dépassant d’une robe fendue.

Les pin-up ont été une marque de fabrique des studios américains pour racoler (le terme et fort et je le sais) auprès d’un public masculin en demande. Le livre de Jullier et Boissonneau retrace, à partir de données et d’intuitions personnelles, un historique de ces femmes dans l’espace cinéphilique hollywoodien. Depuis les prémices de l’histoire du cinéma, les deux auteurs tentent de percer les milles et un secret qui ont fait de ces belles si particulières un rôle incontournable dans le cinéma.

Si l’on peut être d’accord avec nombre de leurs exemples, comme Jane Russel dans Le Banni ou encore Marilyn Monroe dans tous ses rôles. Il y a cependant un abus dans le vocabulaire. Pour les deux écrivains, il semblerait que toute femme ayant un rôle dans un film, et qui n’est pas celui de la femme forte, se trouve alors dans la position de la pin-up. C’est faire table rase d’une certaine histoire du cinéma qui a vu naître aussi les Vamps, les Bimbos et tant d'autres genre d'actrices sexy uniquement présentes pour servir le film.
Il ne faut pas oublier qu’avant toute chose, les pin-up étaient des filles sur papiers glacés (Gibson Girl) que l’on prenait en photo pour allécher les clients à l’entrée des bars. Jullier et Boissonneau rappellent tout de même que dans certains films comme les films de guerre, où les filles n’avaient pas de place, le réalisateur s’arrangeait toujours pour coller aux murs ces photos de pin-up découpées dans les magazines. Les soldats les arboraient alors comme des trophées qui leur rappelleraient le pays ou une carotte donnée aux troufions pour les envoyer se battre avec plus de courage. Exemple très concret dans les Douze Salopards de Robert Aldrich, où les personnages sont amenés en perm' dans un bar décoré de pin-up avant de partir en mission,.

Si le livre se voit comme une historiographie de la pin-up, il faut cependant le lire avec beaucoup de précautions quant aux intuitions lancées sur certains exemples (Pamela Anderson en rôle de pin-up plus que de bimbo). On peut aussi regretter le manque de recherche esthétique, il n’y a rien sur le plan de la forme, ni dans la façon de filmer la pin-up. Les pin-up au cinéma reste donc un livre à prendre avec beaucoup de recul.


Les pin-up au cinéma
Laurent Jullier, Mélanie Boissonneau, avec l’équipe de Monsieur Cinéma
Armand Colin
N° ISBN : 978-2-200-24856-7
15, 80 euros

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